Lucía portait une robe noire à col haut, recouverte d’une fine dentelle.
Elena savait que sa fille détestait les vêtements serrés autour du cou.
Elle avait donc demandé pourquoi cette robe avait été choisie.
Álvaro avait baissé la voix.
« Si tu la touches, tu le regretteras. »
Elena avait alors sorti son téléphone.
Elle avait appelé Javier.
Et, devant les personnes présentes, elle avait soulevé la dentelle.
Ce qu’elle avait découvert n’était pas une réponse.
C’était une contradiction.
Une contradiction suffisamment importante pour justifier qu’on arrête immédiatement la crémation.
Javier demanda que personne ne déplace le cercueil.
Álvaro protesta.
« Vous n’avez pas le droit de faire ça. »
Javier ne répondit pas à la colère.
Il demanda simplement que le corps reste en place jusqu’à ce qu’un examen formel puisse être effectué.
Elena prit Inès par la main.
La petite fille leva les yeux vers elle.
« Maman. »
Un seul mot.
Mais cette fois, Elena ne chercha pas à l’expliquer.
Elle regarda le col de la robe.
Puis la manche.
Puis Álvaro.
La question avait changé.
Il ne s’agissait plus seulement de savoir si Lucía avait voulu être crématisée.
Il fallait comprendre pourquoi son corps avait été préparé de cette façon.
Et surtout, pourquoi son mari avait tenté d’empêcher sa mère de regarder.
Javier demanda à Elena ce qu’elle avait précisément observé.
Elle lui répondit avec les mots d’une professionnelle habituée à décrire des signes physiques sans tirer de conclusion trop vite.
Elle ne prétendait pas savoir ce qui avait causé les marques.
Elle savait seulement qu’elles ne pouvaient pas être ignorées avant la crémation.